TerraLex fête ses 30 ans

Interviews
TAILLE DU TEXTE

TerraLex a 30 ans. A cette occasion, Le Monde du Droit a interrogé Terri Pepper Gavulic (TR), CEO, TerraLex ainsi que Benjamin Jacob (BJ), Associé, PDGB.

Pouvez-vous nous rappeler ce qu’est Terralex ?

TR : TerraLex est un réseau mondial indépendant de cabinets d'avocats, couvrant plus de 160 juridictions à travers le monde. Ses membres, des cabinets de premier plan sur leur territoire, collaborent pour trouver des solutions aux problèmes juridiques et commerciaux transfrontaliers de leurs clients.

BJ : TerraLex constitue pour PDGB une porte ouverte vers l’international. Le cabinet a rejoint ce réseau en 2009 et s’y est depuis énormément investi, convaincu de l’opportunité d’offrir des relais de compétences forts à ses clients pour leurs opérations hors de France. Pour PDGB, Terralex est aujourd’hui une véritable composante du cabinet et fait indéniablement parti de son ADN.

Le réseau fête ses 30 ans, quels ont été les temps forts du réseau ?

TR : TerraLex a énormément évolué depuis ses débuts, partant d’un groupe de 12 cabinets d'avocats "best friends" échangeant sur leurs « best practices », pour devenir une plateforme internationale sophistiquée de développement et de travail collaboratif. Il est difficile de résumer 30 ans de travail collaboratif et je tends à considérer que les temps forts se sont succédés, y compris pendant la pandémie que nous connaissons actuellement. Nos membres ont d’ailleurs pu accompagner un client qui s’interrogeait sur les modalités de mise en place du télétravail du fait de la pandémie, sur 14 juridictions.

BJ : Parmi les temps forts du réseau, j’ai pour ma part été impressionné par la mise en place, pour un client, d’un « guichet unique » juridique compétent sur 57 juridictions. Un tel service n’aurait certainement pas pu être fourni sans Terralex. Mais les temps forts ne se résument pas à des dossiers : TerraLex est aussi une formidable communauté de cabinets d’avocats partageant leurs expériences et compétences, via notamment différents groupes de travail, chacun dédié à une branche du droit, un secteur économique, voire même à des sujets périphériques (tels que le marketing, la diversité, l’IT, etc.).

Comment peut-on être membre du réseau ?

TR : L'adhésion se fait uniquement sur invitation après un processus de vérification rigoureux. Les membres ont une exclusivité sur leur juridiction, de sorte que les nouveaux cabinets ne sont admis que lorsqu'il y a de la disponibilité. TerraLex n'est pas un simple répertoire passif de membres et n'admet que les cabinets d'avocats indépendants, ayant une vision entrepreneuriale et pro-active. Les membres sont examinés régulièrement pour s'assurer qu'ils adhèrent aux exigences et fondamentaux du réseau.

Quel est l’intérêt d’être membre d’un tel réseau ? Quelle valeur ajoutée pour les clients et prospects du cabinet ?

BJ : Clairement, l’adhésion de PDGB à Terralex lui a permis de répondre à de nouvelles attentes des clients que nous ne pouvions alors pas satisfaire, du moins pas dans des conditions à la hauteur du service habituellement fourni par PDGB à ses clients. Cette adhésion a, sur ce point, tout changé, puisque nous disposons désormais de relais de (très haute) compétence partout dans le monde, ce qui nous permet de répondre rapidement et efficacement aux problématiques juridiques de nos clients, même les plus pointues, quel que soit le pays concerné. Et ce en toute sérénité pour le cabinet, car les membres du réseau cultivent tous le même haut niveau d’exigence. Mais notre adhésion à ce formidable réseau international signifiait plus pour le cabinet : nos clients et prospects regardaient vers l’international, notre regard devait impérativement prendre le même chemin.

TR : Comme le souligne Benjamin, le premier intérêt pour nos membres est bien entendu de pouvoir répondre rapidement et efficacement aux besoins de leurs clients en dehors de leur juridiction habituelle. Les clients sont ainsi les premiers bénéficiaires. Bien entendu, notre réseau peut également être vu comme un support de développement, permettant à chaque membre de travailler en lien avec les clients des autres membres. Au-delà des clients et prospects, Terralex centralise beaucoup des connaissances, du savoir-faire et même de la philosophie de ses membres. Nous éditons ainsi de nombreux contenus corédigés par nos membres, tels que des « guides transfrontaliers » sur tel ou tel sujet juridique, couvrant de nombreux territoires. Ces guides peuvent d’ailleurs être consultés gratuitement sur notre site.

Quelles sont les perspectives pour le réseau ? Comment s’adapte-t-il à la nouvelle donne liée au covid ?

TR : En 2020, TerraLex s’est d’abord adapté au contexte pandémique, en mettant en place des solutions en ligne venant compenser la limitation des interactions humaines. Nos membres se sont toujours rencontrés régulièrement pour renforcer toujours plus leurs liens. Nous avons donc eu à cœur de leur offrir des outils digitaux pour préserver ces interactions, voire même les intensifier. La pandémie a finalement été l'occasion de renforcer la participation de nos membres, sans qu’ils n’aient à se déplacer. Par exemple, TerraLex a organisé trois réunions mondiales virtuelles pendant la pandémie, qui ont chacune rassemblé plusieurs centaines de participants, membres et clients.

BJ : Les réunions en présentiel restent des évènements majeurs pour les membres du réseau, car l’essence de ce réseau, c’est la grande confiance que les membres s’accordent entre eux. Pour se faire confiance, il faut bien se connaitre…

TR : Terralex a toujours l'intention de revenir dès que possible aux réunions présentielles. Nous avons conscience qu’elles permettent aux membres de développer des relations fortes et personnelles, conduisant à des niveaux élevés de confiance et de collaboration. Le réseau continuera toutefois de proposer des programmes virtuels, afin de continuer à élargir l'engagement et la participation. Parmi les autres développements à venir pour TerraLex, citons par exemple la formation d'une équipe RSE, ou encore le perfectionnement des outils et des plateformes de gestion de projets juridiques.

Propos recueillis par Arnaud Dumourier (@adumourier   

L'annuaire du Monde du Droit